Les Cinq Terres d’Irrhyon – Petit guide de Manipulation : présentation du projet

Alors que je partage les images de mon manuscrit sur instagram et Facebook depuis quelques jours, j’avais envie de vous donner plus de détails sur la façon dont je l’ai créé.

Voilà donc le premier article d’une série plus ou moins longue durant laquelle je vous détaillerai mes idées, mes influences et les étapes de mon travail. En espérant que ça vous plaise !


Généralités



Le choix du thème

J’ai choisi de baser mon manuscrit sur ma série de livre Les Avatars. Il est construit comme un guide écrit par l’un des personnages et voulant faire découvrir la Manipulation à un étranger. Plus concrètement, c’est un moyen d’introduire le principe de la Manipulation à des personnes qui n’auraient pas lu les livres ou qui n’arriveraient pas à s’y retrouver.

Résumé

Dans le monde que j’ai créé, il existe deux continents : Irrhyon et Ogarrhyon. Sur ces terres vivent des personnes qui maîtrisent la matière et les éléments : les Manipulateurs.

J’ai choisi de traiter uniquement du continent d’Irrhyon, car c’est là que se déroule l’intrigue des premiers livres. Le contient d’Irrhyon est divisé en cinq territoires appelés les Cinq Terres, et chacune possède son lot de Manipulateurs.

Organisation

Le manuscrit est organisé de la façon suivante : on trouve d’abord un frontispice (une image qui résume le contenu du manuscrit). Puis il y a une introduction à laquelle j’ai attaché une carte. Dans l’introduction, j’explique le principe de la Manipulation et la façon dont sont organisés les Manipulateurs entre eux.

Puis, chaque chapitre est dédié à un groupe de Manipulateurs en fonction de son origine, un pour chacune des Terres. J’y détaille la géographie de l’endroit, les dieux auxquels les Manipulateurs croient, et l’influence que ça a sur leurs pouvoirs.

Étant donné que la Manipulation est un don des dieux, j’ai choisi de mettre les divinités de Cinq Terres à l’honneur. Les pleines pages sont donc toutes construites sur le modèle de l’époque carolingienne, qui est ma période principale : les portraits d’évangéliste, d’Empereurs ou le Christ en Majesté. J’ai choisi ce type d’iconographie car c’est de cette manière dont on représentait les personnages en lien avec le divin ou ayant une importance notable à cette époque.

Mes influences et leurs spécificités

J’ai choisi de traiter différentes influences comprises dans la période allant du IX ème au XI ème siècle, mais ayant toutes un rapport plus ou moins proche avec l’enluminure carolingienne. Cela me permet de bien mettre en valeur les différences culturelles et géographiques entre les Cinq Terres.

J’ai fait le choix de la période carolingienne car je suis tombée amoureuse de sa simplicité (ex : les encadrements robustes) autant que de sa complexité (ex : ses motifs).

Les influences que j’ai utilisées sont les suivantes : anglo-saxonne, ottonienne, mozarabe, carolingienne et byzantine.

Le style anglo-saxon

Le style anglo-saxon choisi est celui situé entre le Xème et le XIème siècle, dit de Winchester. Ses caractéristiques sont le foisonnement des motifs végétaux débordant souvent des encadrement (feuilles d’acanthe très souples et rondes) et l’utilisation de couleurs vives et claires.

Je l’ai choisi pour représenter les Terres Tankenes.

Le style ottonien

Le style ottonien choisi est celui situé vers la fin du Xème siècle et le début du XIème à Reichenau. Ses caractéristiques sont des lignes très géométriques, l’utilisation intensive d’or ainsi que d’une palette de couleurs vives et claires contrastant avec le pourpre.

Je lai choisi pour représenter les Terres Laukares.

Le style mozarabe

Le style mozarabe choisi est celui situé du Xème au XIIème siècle en Espagne, inspiré des Beatus. Ses caractéristiques sont la rareté de l’or, des dessins aux traits « naïfs » et des aplats de couleurs vives, sans ombres ni lumières avec une prédominance pour le rouge le jaune et le bleu.

Je lai choisi pour représenter les Terres Suebenes.

Le style carolingien

Le style carolingien choisi est celui situé dans la deuxième moitié du IXème siècle, dit de l’école de Charles le Chauve pour les encadrements, et celui du groupe d’Ada pour les personnages. Les caractéristiques de l’école de Charles le Chauve sont la profusion d’or et de pourpre, des dessins et des couleurs travaillés avec beaucoup de détails, et une prédominance de vert, de bleu et de rouge.
Je l’ai choisi pour représenter les Terres Varrodenes.

Le style byzantin

Le style byzantin choisi est celui situé entre le IXème et le XIIème siècle se rapprochant de la miniature. Ses caractéristiques sont l’utilisation de l’or pour les fonds, des dessins aux traits réalistes mais aux silhouettes allongées, et des couleurs très travaillées en avec des jeux de transparences, d’ombres et de lumières.

Je l’ai choisi pour représenter les Terres Khidalii.

Médiums utilisés

Parchemin : j’ai travaillé sur du parchemin de chèvre second choix. Mon format folio (1 page) est de 24.5×32 cm. Mon format de justification (là où se trouve le texte et l’image) et de 15×20.7 cm.
Calligraphie : j’ai utilisé une encre brune, car les manuscrits de référence dont je me suis inspirée sont calligraphiés en brun. J’ai aussi choisi de calligraphier à la plume métallique et non à la plume d’oiseau pour une raison de confort.
Palette de couleurs : j’ai utilisé des nuances présentes dans la période que j’ai sélectionné. J’ai préféré des pigments de substitution à certains pigments naturels ou historiques dans un souci de budget et de confort d’utilisation.
Pose de métaux : j’ai utilisé de la feuille d’or 22 carats adhésive et libre ainsi que du palladium et de l’or américain. J’ai choisi de poser mes métaux sur de la gomme ammoniaque, car sa pose se fait en finesse et permet l’apparition des pores de la peau du parchemin en transparence.


Avantages et inconvénients du projet

L’avantage d’avoir choisi cette période est que j’ai pu toucher à beaucoup d’influences différentes. En effet, à partir du XI-XIIème siècle, l’enluminure a tendance à se standardiser sur tout le continent, alors qu’avant, on voit encore que chacun a son style propre.
Ça m’a permis de donner un caractère et une image à chacune des Cinq Terres.

L’inconvénient, c’est que plutôt que de me concentrer sur une ou deux périodes, j’ai dû jongler avec 5 influences aussi différentes entre elles que le jour et la nuit.
Enfin, pas si différentes, car le but était justement d’avoir des influences distinctes par leur caractère et leur origines, mais semblables par leur composition. On va donc dire que la base était la même, mais que l’exécution était différente à chaque fois.

Et c’est là que résidait le vrai challenge : rechercher les caractéristiques de chaque influence, les cerner pour pouvoir les reproduire et devoir me réadapter à chaque page.

Dans l’ensemble, je pense avoir réussi mon pari. Vous me direz ce que vous en pensez !


Voilà pour cette présentation rapide des généralités de la conception de mon manuscrit. Pour la suite, je vous présenterai chacune des Cinq Terres et la façon dont je les ai associées aux différentes influences d’enluminures que j’ai choisi.

Si l’article vous a plu, ou déplu, si vous avez des questions ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Quoi qu’il en soit, merci pour votre soutien, et à très bientôt !

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