Les Cinq Terres d’Irrhyon – Petit guide de Manipulation : Chapitre 1

Après l’article concernant mon frontispice, mon introduction et ma page de titre, voilà le moment de vous révéler la démarche créative qui m’a permis de réaliser mon premier chapitre.


Les Terres Tankenes


Page titre chapitre 1 : Les Terres Tankenes

Pour créer mon manuscrit, j’ai choisi de traiter différentes influences comprises dans la période allant du IX ème au XI ème siècle, mais ayant toutes un rapport plus ou moins proche avec l’enluminure carolingienne. Cela m’a permis de bien mettre en valeur les différences culturelles et géographiques de chaque partie tout en gardant une cohérence visuelle.

J’ai fait le choix de la période carolingienne car je suis tombée amoureuse de sa simplicité (ex : les encadrements robustes) autant que de sa complexité (ex : ses motifs), mais surtout de la diversité de ses styles.

Influences

Les Tankens ( prononcer « tann-kènn » ) sont un peuple autochtone d’Irrhyon, au même titre que les Suebens ( « suébènn ») et les Khidalii ( « kidali » ), et ils possèdent leurs propres lois, rites et culture. Néanmoins, ils ont subi une influence culturelle de la part des Khidalii qu’ils se sont appropriée.

Pour créer et développer les Tankens lors de la rédaction de mon roman, je me suis inspirée des cultures nordiques « vikings ». Pour rester cohérente, leur associer un type d’enluminure du nord de l’Europe et reflétant une appropriation de codes artistiques et culturelle paraissait donc évident.

Pour ce faire, je me suis tournée vers l’enluminure anglo-saxonne de Winchester. Pourquoi ? Parce que le fil conducteur de mon manuscrit est l’enluminure carolingienne et qu’une des caractéristiques du style de Winchester est justement une appropriation des codes de l’enluminure carolingienne par les anglo-saxons.


Manuscrits de référence

Le manuscrit de référence principal pour la pleine page et l’ornementation est le Psautier de Bury Saint-Edmund – Digi.Vat.Lib Reg.lat. 12, f21r.


Concernant le mélange d’or et d’argent, je me suis inspirée du Grimbald Gospel, BL Ad MS 34890, f10v


Le second manuscrit dont je me suis inspirée, notamment pour les personnages est le Benedictionnaire d’Aethelwold, BL MS 49598, ff17v et 22v


Voilà donc à quoi ressemble ma double pleine page en vis-à-vis

Démarche créative

Encadrement

De façon générale, la structure des encadrements rappelle facilement celle utilisée dans les manuscrits carolingiens : des cadres aux baguettes d’or ou d’argent contenant des motifs végétalisés. Cependant, c’est le côté anglo-saxon qui leur apporte une identité propre : la dynamique et le foisonnement des motifs végétaux ainsi que la manière de poser les couleurs qui tend vers le roman, avec des aplats ou transparences et des jeux d’ombre et de lumière linéaires.

Les feuilles de l’encadrement sont placées de telle façon que l’on peut croire qu’elles sont soufflées par un courant d’air, de l’intérieur vers l’extérieur. De plus, la palette est composée de couleurs claires donnant une impression de fraîcheur à la page. C’est cette impression de fraîcheur et de courant d’air que j’ai retenu, car l’élément que manipulent les Tankens est l’air.

Les motifs végétaux sont plus décoratifs que représentatifs, sauf ceux qui se trouvent dans les médaillons au centre des pages. En effet, le motif à trois branches est directement inspiré de la Corne d’Odin, et représente ici la trinité de la divinité tankene.

Les Tankens l’utilisent pour manifester leur appartenance à leur groupe religieux, tout comme les Chrétiens arborent une croix.

Incipit et lettrine

Au centre de la page se trouve une prière signifiant « Que le souffle de vie soit avec toi ». Le fond est laissé en réserve et les lettres sont en palladium.

La lettrine « B » est travaillée, et reprend les couleurs de la pleine page avec le fond en transparence de follium, les motifs végétaux, ainsi que le pourpre et le vert dans son fut et sa panse.

Dans le médaillon au centre du fut de lettre, on retrouve le motif à trois branches représentant la trinité du dieu créateur tanken.

L’encadrement reste le même que pour la pleine page, à l’exception du fait que les couleurs des motifs contenus dans les bandeaux du haut et du bas sont en miroir pour créer une symétrie entre les deux pages en vis-à-vis.

Pour la palette de couleurs, je suis restée dans des tons de bleu, de vert accompagnés de garance, de follium et d’ocre jaune.

Présentation

Généralités

Sur cette page, j’ai représenté le dieu créateur des Terres Tankenes, accompagné des divinités de la vie et de la mort.

La divinité principale possède trois noms, un pour chaque royaume tanken :

Ölthin pour le royaume de Dalfera, Uelden pour le royaume de Neverie, Wöltan pour les provinces de Larvak.

Il en est de même pour les autres divinités.

Celle de la vie s’appelle : Tharian/Davan/Taran.

Celle de la mort s’appelle : Thariek/Dayog/Tanwen.

Pourquoi trois noms ? Parce que les Terres Tankenes comportent trois royaumes dans lesquels la langue parlée diffère légèrement, comme ça peut être le cas dans certaines provinces éloignées de Chine. Ölthin, Uelden et Wöltan sont en réalité le même mot, comme peuvent l’être les mots father/vater/vader (qui veulent dire «père» en anglais, allemand et néerlandais).

De plus, la façon de révérer cette divinité diffère légèrement d’un royaume tanken à l’autre, et on trouve donc trois grands courants religieux principaux.

Pour comparer avec une notion familière, on peut prendre l’exemple du Christianisme avec le Catholicisme, le Protestantisme et l’Orthodoxie, pour lesquelles il y a une notion de base commune, mais dont certaines croyances et pratiques diffèrent.

La divinité principale : inspiration, mise en page et symbolique

Pour représenter l’importance de la divinité créatrice tankene, mais également son unité et sa trinité, j’ai choisi de la faire apparaître sous la forme d’un seul personnage assis sur un trône, mais derrière lequel on voit deux autres personnages identiques, un peu comme des ombres ou des fantômes de lui-même.

Cette divinité étant pour les Tankens l’incarnation de l’air qu’ils considèrent comme étant le Souffle de Vie, les trois têtes représentent également l’air tel que les Manipulateurs l’utilisent : un souffle de vent, la foudre et le vide.

Le trône sur lequel se tient la divinité est en pierre (symbolisée par le palladium gris) en bois peint en rouge et en or pour signifier la grandeur du personnage, mais aussi son lien avec la nature brute et hostile dans laquelle évoluent les peuples tankens. Il se trouve en haut de trois marches, également de pierres de bois et d’or. Il y en a une pour chacun des aspects de la divinité. Le halo autour du dieu représente sa grandeur.

Cette divinité étant inspirée de la mythologie nordique, j’ai choisi de l’habiller et de la coiffer à la façon dont on se représente les Vickings dans la culture populaire : les cheveux rasés et tressés. Sa tunique est dans une étoffe précieuse due à son rang, et est richement brodée à l’encolure et aux manches.

Les personnages secondaires : inspiration, mise en page et symbolique

La divinité de la vie et le dieu de la mort sont des faux jumeaux, créés par leur supérieur. Les Tankens les représentent comme des jumeaux pour symboliser le fait qu’ils ont été créés en même temps et qu’ils sont parfaitement égaux hiérarchiquement parlant.

La dualité homme/femme symbolise leurs différences : la femme est associée au bien, la vie, la douceur, et l’homme au mal, la mort et la brutalité. Toujours est-il qu’ensemble, ils forment un équilibre parfait qui ne doit pas être rompu.

Ils sont placés plus bas que la divinité créatrice car ils ont été créés par elle, mais aussi car ils se sont incarnés sur Terre : ainsi, ils ne sont ni totalement célestes, ni totalement terrestres. Ils sont entourés d’un halo, mais pas aussi ouvragé que celui du dieu.

Ils sont assis et semblent attendre quelque chose, un ordre de leur créateur ou une mission. Leurs rôles sont liés l’un à l’autre, et j’ai voulu représenter ce lien par leurs mains tendues l’une vers l’autre et leurs regards qui se croisent : il n’y a pas de mort sans vie, de mal sans bien, de cruauté sans bonté.

La divinité de la vie se trouve en bas à la droite du créateur, et le dieu de la mort se trouve en bas à gauche du créateur, mais ils sont tous les deux sur un pied d’égalité car l’un n’est pas plus fort que l’autre. Ainsi l’ordre cyclique des choses est respecté : après la création du monde arrive la vie, puis la mort, et ceux qui meurent retournent auprès de leur créateur.

Les divinités portent tous deux des vêtements d’inspiration nordique. Les étoffes sont riches et décorées, ce qui montre la supériorité de leur rang, mais leur infériorité par rapport au créateur. Les vêtements sont également de conception plus simple et solide.


Voilà pour cette présentation du premier chapitre de mon manuscrit. C’est un gros morceau, j’en conviens, mais j’avais vraiment à cœur de partager ma démarche créative, étant donné qu’elle est directement liée à mes livres.

Si ça vous a plu, sachez que les explications pour les chapitres suivants arrivent dans les semaines à venir. Le chapitre 2 concernera les Terres Laukares.

Si l’article vous a plu, ou déplu, si vous avez des questions ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Quoi qu’il en soit, merci pour votre soutien, et à très bientôt !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s