Les Cinq Terres d’Irrhyon – Petit guide de Manipulation : Chapitre 3

Voilà le moment de vous révéler la démarche créative qui m’a permis de réaliser le troisième chapitre de mon manuscrit. Si vous voulez lire l’article concernant le second, c’est ici que ça se passe !


Les Terres Suebenes


Calligraphie Terres Laukares- Page titre Chapitre 3 : Les Terres Suebenes

Pour créer mon manuscrit, j’ai choisi de traiter différentes influences comprises dans la période allant du IX ème au XI ème siècle, mais ayant toutes un rapport plus ou moins proche avec l’enluminure carolingienne. Cela m’a permis de bien mettre en valeur les différences culturelles et géographiques de chaque partie tout en gardant une cohérence visuelle.

J’ai fait le choix de la période carolingienne car je suis tombée amoureuse de sa simplicité (ex : les encadrements robustes) autant que de sa complexité (ex : ses motifs), mais surtout de la diversité de ses styles.

Influences

Les Suebenes sont un peuple autochtone d’Irrhyon, qui, à l’apogée de sa culture était riche et puissant. Cependant, à l’époque à laquelle se déroulent les évènements de la série, les Suebens ne sont plus qu’une minorité constituée de peuples nomades vivant dans un désert aride et survivant du commerce qu’ils font avec leurs voisins.

Visuellement parlant, ils sont inspirés par les peuples bédouins, et pour les représenter, je voulais par conséquent une enluminure ayant des influences orientales.

L’enluminure espagnole et mozarabe est à mes yeux un parfait mélange entre une influence carolingienne (dont elle conserve certains motifs d’entrelacs et encadrements) et orientale (à laquelle elle emprunte des motifs végétaux et géométriques), en plus d’avoir une identité propre et une palette de couleurs vive correspondant bien au visuel des Suebens. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi ce style pour les représenter.


Manuscrits de référence

Pour me rapprocher de l’influence moyen-orientale à laquelle a été associée la civilisation suebene, j’ai choisi un style d’enluminure mozarabe.

Le manuscrit de référence principal pour la pleine page et l’ornementation est le Beatus a liebana, BnF, latin 8878 f1r


Pour les lettres et l’association des couleurs, je me suis inspirée d’un autre manuscrit, le Collectio Conciliorum, BDH 15460, ff47v-48r; 57v-58r; 65v-66r.


Voilà donc à quoi ressemble ma pleine page en vis-à-vis du début de la calligraphie

Démarche créative

Encadrement

La structure des encadrements rappelle encore une fois celle utilisée dans les manuscrits carolingiens : des bandeaux contenant des motifs végétalisés ou d’entrelacs. Cependant, ici, l’influence mozarabe est apportée par l’utilisation de couleurs franches et basiques en aplats, sans ombres ni lumières et quasiment sans mélanges.

On retrouve le rouge, le bleu, le jaune. Le vert est un mélange de bleu et de jaune, et le brun, un mélange de bleu et de rouge.

Les bandeaux de l’encadrement rectangulaire représentent chacun des vertus chères aux Suebens :

→Le bandeau extérieur jaune et bleu représente leur foi par l’association des couleurs du Sinam et de l’eau.

→Le bandeau du milieu représente l’humilité que leur impose leur mode de vie.

→Le bandeau aux baguettes vertes et contenant le motif d’entrelacs bleu sur fond jaune représente la création du monde : le Sinam (jaune) et l’eau (bleu) sont source de vie (vert).

Les motifs végétaux des écoinçons sont une autre représentation de l’humilité dont doivent faire preuve les Suebenes. En évoluant sur une terre aride et stérile, leur vie est à la fois dure et simple.

La terre est représentée par la couleur pastel et l’humilité par l’aloe rouge : c’est avec humilité qu’on peut s’épanouir sur une terre aride.

Les motifs floraux et végétaux des encadrements en forme de diamant sont purement décoratifs. Cependant, la phrase contenue dans le bandeau bleu est la devise des Sinamons : Sinam ha ti ni sikta, qui signifie « Sinam te protège ». Encore une fois, les couleurs sont importantes, car le bleu représente l’eau, et le vert, la vie.

Calligramme

Le calligramme est quant à lui composé du mot Sinamad’aek, qui signifie Branche de la Voie du Sans Nom, le nom de la Branche des Suebens à Therebia, la cité des Manipulateurs.

Présentation

Généralités

Cette page est la seule où les divinités ne sont pas représentées. En effet, les Suebenes pensent que la représentation de leur dieu créateur serait une offense envers lui et lui enlèverait sa nature divine.

De plus, ils pensent que vénérer une représentation, même de leur dieu, les détournerait de leur foi : cela reviendrait à vénérer une image, et non leur dieu lui-même. Il en est de même pour les divinités de la vie et de la mort.

Le dieu créateur des Suebenes n’a pas non plus de nom. Ils le nomment donc « Le Sans Nom » : Sinam. Cependant, les divinités de la vie et de la mort se nomment respectivement Silin et Sei. Elles possèdent un nom car elles ne sont qu’à moitié divines du fait qu’elles se sont incarnées sur terre.

Les Suebens sont originaires d’une terre aride recouverte de désert. C’est pourquoi ils ont rapidement fait de l’eau l’élément central de leur existence. C’est donc sans étonnement qu’ils aient associé le Sinam à l’eau et qu’ils Manipulent cet élément.

Alors que les divinités ne sont pas représentées, les Suebenes accordent une forte symbolique aux couleurs et à leur association :

→ Jaune : représente le Sinam.

→ Rouge : représente l’humilité et la simplicité, et est la couleur des chefs Sinamons.

→ Bleu : représente le don du Sinam, l’eau. Il est par conséquent systématiquement associé au jaune

→ Noir : représente la terre, la naissance

→ Blanc : représente l’air, la pureté

→ Vert : la vie

Les personnages secondaires : inspiration, mise en page et symbolique

On pourrait croire qu’une fois de plus, les deux personnages sont les divinités de la vie et de la mort, mais il s’agit en réalité de la représentation des chefs religieux adorateurs du Sinam. Ils portent tous deux la robe bleue qui marque leur condition de religieux, mais ils se distinguent de cette façon :

A droite, c’est un Manipulateur, reconnaissable à ses cheveux blancs.

A gauche, c’est un « Commun », reconnaissable à ses cheveux encore bruns et son châle rouge.

La plante représente, quant à elle, une autre allégorie de l’humilité : prenant racine dans la terre noire, elle symbolise l’humilité dont il faut faire preuve pour s’épanouir quant on vit dans le désert aride des Terres Suebenes.

L’herbe verte symbolise le fait que la vie (la couleur verte) naît au contact du Sinam (la couleur jaune), même dans le désert.

Les motifs présents dans l’architecture sont purement décoratifs.


Voilà pour cette présentation du second chapitre de mon manuscrit. Encore une fois, c’est un gros morceau, mais j’espère que ces explications plairont aux amateurs d’enluminure autant qu’à ceux qui voudraient lire mes romans.

Sachez que les explications pour les chapitres suivants arrivent dans les semaines à venir. Le chapitre 3 concernera les Terres Suebenes.

Si l’article vous a plu, ou déplu, si vous avez des questions ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Quoi qu’il en soit, merci pour votre soutien, et à très bientôt !

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