Étapes de création : du thème à la peinture – Quatrième partie


Le dessin définitif


Maintenant que les idées sont là, il est temps de les organiser et d’en tirer un dessin définitif.

Pierre Lombard-Sur le Psautier-BNF Latin 11565, f2r

Voilà donc où nous en étions restés, avec les croquis de base.

De ces croquis de base, j’en ai retenu deux :

  • La mise en page avec le S de Sermones Vulgares
  • La mise en page avec le A de Audivit.

Toutes les deux sont inspirées par des lettrines provenant de la Bible de Floreffe, BL ms 17738


Finalement, et après mures réflexions, j’ai décidé de choisir le S. Les deux idées me plaisaient énormément, mais le S me permettait plus de faire ce que j’attendais vraiment.

Voilà donc ce que donne le dessin définitif :

Semi propre
Propre

Pour plus de détails

Semi propre
Propre

L’important pour un dessin définitif, c’est qu’il soit le plus détaillé et le plus propre possible. En effet, si les détails ne sont pas mis en place, et si les traits ne sont pas où ils doivent être, la mise en couleur sera difficile : le but est d’éviter de devoir modifier le dessin alors que la pose des pigments a commencé, car une fois que la machine est lancée, il est difficile de faire marche arrière.


Voilà pour la quatrième étape de création : le dessin définitif. Pour la suite, qui est la mise en couleur, il faudra malheureusement attendre que je sois libérée de mes obligations liées à mon projet de fin d’étude. En effet, je consacre actuellement tout mon temps libre à la finalisation de ce projet TITANESQUE ! Et j’ai d’ailleurs hâte de vous en montrer plus.

Si l’article vous a plu, ou déplu, si vous avez des questions ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Merci beaucoup, et à très bientôt !

Étapes de création : du thème à la peinture – Troisième partie


L’inspiration et les premiers croquis


Après avoir fait des recherches sur le thème d’une commande, puis après avoir fouillé dans les différentes ressources disponibles en fonction du cahier des charges, l’inspiration devrait commencer à pointer le bout de son nez.

Tripartitum Psalterium Eadwini – Eadwini Psaulter, 1150, Trinity College, Cambridg, f6r

Pour le devoir sur le thème de Titivillus, les enseignants nous avaient imposés certaines contraintes, mais aussi certains manuscrits dans lesquels puiser notre inspiration.

J’ai puisé l’inspiration dans les manuscrits suivants

Voilà ce que j’ai retenu

Pierre Lombard, sur le Psautier, f2r


Bible de Floreffe, f247v
Bible de Floreffe, f258v


La mise en page était la suivante : nous avions à notre disposition un bifolio (une double page). Sur le folio de gauche, nous devions imaginer une pleine page, et sur celui de droite, il y avait la calligraphie.

Mon idée était de mettre en avant une grosse lettrine et quelques capitales. Du texte dont nous devions nous inspirer, j’ai décidé de retenir l’idée d’un Titivillus en train de voler des lettres et des syllabes à un chœur en train d’entonner un chant grégorien.

Avec l’inspiration, je me suis fait une idée de ce à quoi je voulais que ma pleine page ressemble. J’ai donc pu commencer à faire quelques croquis. Évidemment, ce ne sont que des croquis de base, mais ça me permet de commencer à choisir ce que je veux, ce qu’il faut que je garde et ce que j’enlève.

Voilà les idées principales que j’ai réussi à dégager.

Croquis de base pour la création romane

Vous verrez qu’entre ces croquis et le dessin définitif, certains éléments apparaissent, et d’autre disparaissent. Mais ça, je vous le montrerai la semaine prochaine !

Si l’article vous a plu, ou déplu, si vous avez des questions ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Merci beaucoup, et à très bientôt !

Étapes de création : du thème à la peinture – Deuxième partie


Les recherches


Les bibliothèques sont nombreuses, et proposent de plus en plus de numérisation de manuscrits. C’est une aubaine, mais c’est aussi un bon moyen de se perdre.

Par où commencer les recherches ? Dans quelle direction aller ?

The Bury Bible, 1135 – 1138, Corpus Christi Colledge, Cambridge, MS 0021, ff1v – 2r

Maintenant que le thème de la commande est définit, viennent les recherches. Dit comme ça, ça paraît facile. Mais si les ressources sont accessibles grâce à internet, il est parfois compliqué de s’y retrouver.

Heureusement, il existe de bons outils pour naviguer dans l’océan du numérique. En voici 3 exemples :

Initiale

Initiale est un catalogue informatisé de manuscrits enluminés du Moyen Âge, principalement de ceux qui sont conservés dans les bibliothèques publiques de France, hors Bibliothèque nationale de France. On y trouve également des manuscrits conservés dans d’autres établissements français, tels que les archives départementales, municipales, diocésaines, les musées, trésors de cathédrales, séminaires, etc. (infos recopiées directement sur le site)

On peut y faire des recherches par mots-clés, et les résultats trouvés renvoient à des notices sur lesquelles ont peut en apprendre plus sur le manuscrit : provenance, époque, auteur, décors, etc.

Souvent, les liens renvoient au site de la BVMM, la Bibliothèque Virtuelle des Manuscrits Médiévaux.


BVMM

C’est une base de donnée qui permet la consultation totale ou partielle de manuscrits numérisés. La recherche se fait cette fois par bibliothèque avec la cote du manuscrit (son code d’identification). C’est pratique si on veut trouver un manuscrit dont on a la cote, ou si on est intéressés par des manuscrits provenant d’un endroit en particulier, mais pas si on veut faire une recherche à partir d’images.


Gallica

C’est la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France. On y trouve des livres, la presse, des cartes, des images, des sons, des partitions, mais surtout, une impressionnante collection de manuscrits.


Voilà donc trois exemples qui constituent une bonne base de données pour chercher l’inspiration. Mais il en existe bien d’autres, comme les sites des bibliothèques étrangères : la Bibliothèque Vaticane, la British Library, la Bayerische StaatsBibliothek, etc.


La semaine prochaine, je rentrerai un peu plus en détail en ce qui concerne les manuscrits que j’ai utilisé pour mon devoir sur Titivillus, car c’est là que je vais chercher mon inspiration !

Si l’article vous a plu, ou déplu, si vous avez des questions ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Merci beaucoup, et à très bientôt !

Étapes de création : du thème à la peinture – Première partie


Le thème


Tandis que la semaine dernière, je vous exposais les différentes étapes de la création d’une enluminure, me revoilà pour vous parler de la première étape : le thème.

Pour cela, j’ai décidé d’illustrer mes propos avec le création romane que j’ai eue à faire durant ma première année d’étude.

Pierre Lombard-Sur le Psautier-BNF Latin 11565 f31v – détail

Si vous faites une création, vous choisirez le thème vous-même. Mais si vous répondez à une commande, le thème vous sera imposé par le commanditaire.

Pour cette première création, le thème nous a été imposé par nos enseignants. Eh oui, il ne faut pas rêver, non plus ! Nous n’étions pas vraiment prêts pour nous lancer dans le grand bain, surtout que c’était notre premier devoir commun de dessin et de calligraphie ! Voilà donc de quoi nous devions traiter :

Titivillus.


Mais qu’est-ce donc, ou plutôt, qui est donc ce Titivillus ?

C’est une petit démon qui hante les monastère et se réjouit en volant des lettres, des syllabes, et parfois, des mots aux moines copistes, les poussant à faire des fautes.


Les consignes étaient les suivantes :

Calligraphier le texte que les professeurs nous avaient donné – sans faire de fautes – et l’illustrer, le tout en respectant les codes du style roman.


Le texte

Jacques de Vitry (1160/1170 – 1240)

Sermones Vulgares

Audivit quod quidam sanctus homo, dum esset in choro, vidit diabolum quasi pleno sacco valde oneratum. Dum autem adjuraret dyabolum ut diceret ei quid portaret, ait : « Hec sunt sillabe et dictiones syncopate et versus psalmodie que isti clerici in hiis matutinis furati sunt Deo. Hec utique ad corum accusationem diligenter reservo ». Excubate igitur diligenter in mysterio altaris, ne super populorum oriatur indignatio.

Traduction

Sermons populaires

J’ai entendu dire qu’un saint homme, pendant qu’il était dans le choeur, vit un diable pour ainsi dire lourdement chargé d’un sac plein. Or, alors qu’il adjurait le diable de lui dire ce qu’il portait, il répondit : « Ce sont les syllabes, les paroles syncopées et les versets de psalmodie que ces maudits clercs ont dérobés à Dieu pendant ces matines. En tout cas, je les réserve scrupuleusement pour leur accusation. » Soyez donc scrupuleusement vigilants quand il s’agit du mystère de l’autel, pour que l’indignation ne se lève pas sur le peuple.


Dans un autre article, je détaille les différentes étapes qui ont conduit à la finalisation de la calligraphie, mais voilà ce à quoi le résultat final ressemble.

Calligraphie sur le thème de Titivillus de style gothique primitive.

Avec un thème et des consignes précises concernant l’époque, et donc le style à utiliser, les idées devraient commencer à germer.

La semaine prochaine, je partagerai la suite du processus de création de façon concrète avec mes croquis, alors, restez attentifs !

Merci beaucoup et à bientôt !


Si cet article vous a plu ou déplu, si vous avez des question ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Étapes de calligraphie


La gothique primitive


Faire de la calligraphie quand on fait de l’enluminure est un plus.

Mais qu’on soit calligraphe aguerri ou débutant, la maîtrise du geste, surtout quand on découvre un style d’écriture, passe presque toujours par une routine.

BnF, latin 16745, f108r

À l’ISEEM, nous avons eu la chance d’être formés par Christelle Sordel à différents types de calligraphie, une par époque. Personnellement, je n’avais jamais fait de calligraphie avant de m’inscrire, donc j’étais en pleine découverte.

Mais comment fait-on pour maîtriser un style d’écriture quand on n’y connaît rien ?


Ça passe d’abord par l’observation, mais surtout par la répétition. Eh oui, il n’y a pas de secret. Dans un premier temps, il faut observer l’écriture qu’on cherche à reproduire : comment sont formées les lettres ? Comment s’agencent-elles entre elles ?

Puis il faut se lancer. D’abord avec un gros module de plume, pour bien apprendre à maîtriser le geste, mais aussi pour voir ce que l’on fait !


Voilà à quoi ressemblaient mes premières lignes.

Alphabet – Gothique primitive – Plume de 2,5 mm

Puis une fois qu’on maîtrise le geste et la forme des lettres, on réduit progressivement le module de plume.

Voilà la deuxième étape de mon apprentissage de la gothique primitive.

Texte en écriture gothique primitive – Plume de 1,5 mm

Quand on maîtrise parfaitement le geste, on passe au module de plume qu’on souhaite utiliser.

Voilà la troisième étape de mon apprentissage

Texte en écriture gothique primitive – Plume de 1 mm

Une fois qu’on maîtrise le style dans le module de plume voulu, il faut passer à la mise en page. S’il s’agit d’une copie, le manuscrit original vous fournit un guide. Mais dans le cadre d’une création, on ne sait jamais quelle place va prendre le texte.

Là aussi, ça passe par la répétition pour faire tenir les mots dans un espace donné et avoir un résultat harmonieux.

Semi-propre 1
Semi-propre 2
Propre

Pour comparer les 3 exemples :

Entre l’exemple 1 et le 2, la découpe du texte est sensiblement la même, mais la taille des capitale diffère. Cela entraine une répartition différente du texte.

Puis entre l’exemple 2 et 3, on voit que la taille des capitales est la même, mais la découpe différente.

On a donc 3 « versions » d’un même texte. C’est pourquoi le travail de la mise en page est si important : on ne sait jamais comment répartir le texte du premier coup !


Voilà pour les différentes étapes à suivre pour maîtriser une calligraphie !

Si cet article vous a plu ou déplu, si vous avez des question ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Merci beaucoup et à très bientôt !

Étapes de création : du thème à la peinture


Introduction


Quel que soit le style d’enluminure choisie, qu’il soit historique ou plus contemporain, respecter certaines règles est essentiel pour mener son projet à bien.

Mais comment faire ?

Enluminure sur le thème Ut Queant Laxis

À l’ISEEM, j’ai appris à faire de la copie d’enluminure existantes. Ça m’a permis de travailler la technique. Mais la première fois que mes professeurs m’ont dit que je devrais faire une création, je me suis sentie perdue.

Par où commencer ? Où trouver les idées ?

Mais heureusement, mes professeurs étaient là pour me guider dans le processus et m’ont accompagné à chaque étape. Les voici :

Tout commence par le thème.

Dans le cas d’une commande, il est choisi par le commanditaire : une reproduction – mais il n’en est pas question ici – , un prénom, un portrait, la scène d’un film, le tout dans un style définit.

Il faut aussi décider s’il y aura de la calligraphie, et dans quelle proportion.

Ensuite, viennent les recherches.

Le but est de définir ce que le commanditaire attend. S’il s’y connaît en enluminure, il aura certainement une idée bien précise. Mais si ça n’est pas le cas, c’est à l’enlumineur de lui proposer des idées, de lui exposer ce qui peut être fait en fonction des styles.

Puis, vient l’inspiration.

C’est là que les manuscrits de référence sont utiles. Les bibliothèques sont alors vos meilleurs amies pour les consulter. La liste est longue, mais pour en citer au moins une, il y a la BnF.

Et avec l’inspiration viennent les croquis.

À cette étape, l’idée se précise, les formes se dessinent. Montrer les croquis au commanditaire peut être une bonne idée pour savoir si on reste sur la bonne voie.

Ensuite, une fois que les croquis sont validés, on passe à la palette de couleurs.

Chaque période possède la sienne en fonction de l’apparition et de l’utilisation de certains pigments. A priori, on sait donc quoi utiliser. Mais leur association peut prendre du temps en fonction de l’effet qu’on veut rendre. Cette couleur va-t-elle mieux avec celle-ci ou celle-là ?

La réponse à cette question vient en fonction de l’expérience de l’enlumineur, mais aussi des désirs du commanditaire.

Une fois qu’on a les croquis et la palette, il ne reste donc plus qu’à s’y mettre !

On commence par la calligraphie, puis on reporte le dessin qu’on fixe avec de l’encre. Ensuite, viennent les pigments !


Voici donc les différentes étapes du processus de réalisation d’une enluminure. Je pense qu’elles peuvent être transposée à n’importe quel genre de création artistique.

Pour mieux illustrer mes propos, je posterai dans les semaines à venir des exemples concrets basés sur mes propres travaux. Donc, restez attentifs !

Si l’article vous a plu, ou déplu, si vous avez des questions ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Merci beaucoup, et à très bientôt !