Bientôt la fin ?

Voilà des mois que je vous tiens au courant de mes avancées d’apprentie enlumineuse : mon apprentissage, mon projet de fin d’année, et cet examen qui semble impossible à planifier. Avec le couvre-feu, puis le reconfinement, il semble désormais impossible pour moi d’obtenir mon diplôme.


Qu’en est-il vraiment ?

Photo by Jasmine Coro on Unsplash


En effet, il y a une semaine, j’annonçais que les dates pour la reliure de mon projet de fin d’études étaient tombées. Me concernant, il s’agissait de trois jours, les 26, 27 et 30 novembre. Trois jours durant lesquels j’allais ENFIN pouvoir assembler les pages de mon manuscrit et le contempler tel que je le visualise depuis des mois. Trois jours après lesquels j’allais ENFIN pouvoir me consacrer à de potentielles révisions, mais surtout, à envisager la suite.

Seulement, entre temps, le couvre feu a été instauré, et comme je m’en doutais — sans pourtant vouloir y croire — le reconfinement. Comme beaucoup, la nouvelle est tombée comme un coup de massue, pour beaucoup de raisons. Pour moi, ça signifiait une nouvelle mise à l’arrêt. Un nouvel obstacle entre moi et mon diplôme. Et la question qui m’avait hanté durant la première partie de l’année est venue me retrouver :

Que va-t-il donc se passer ?


Côté reliure

Eh bien, malheureusement, il semble que je doive faire une croix sur la reliure, pour le moment. En effet, les arrêtés ne permettant pas à la relieuse de poursuivre son activité et d’accueillir des groupes en atelier, la couverture de mon manuscrit devra attendre des jours meilleurs. Quand ? l’univers seul le sait.


Côté examen

Les dates d’examen sont finalement tombées, elles aussi et se situent la deuxième semaine de décembre. Du 7 au 11, pour être précise, sans savoir si un prolongement du confinement sera susceptible de modifier ces dates, évidemment. Je passerai donc l’examen écrit qui permettra de juger de mes connaissances, et je suppose que je serai convoquée devant un jury pour présenter mon manuscrit… sans couverture ni reliure.


Ce que j’en pense

Honnêtement, je suis mitigée.

D’un côté, je suis contente que les dates soient enfin tombées. Me dire que d’ici un peu plus d’un mois, tout sera terminé me soulage. Je peux ainsi commencer à penser à autre chose que l’enluminure, autre chose que mon projet de fin d’études et toutes les insomnies qu’il m’apporte.
Je peux à nouveau penser à mes livres qui attendent que je m’occupe d’eux. Aux projets de cours et de formation qu’il faut que je mette en place rapidement. A la façon dont il va falloir que je m’organise si je veux pouvoir survivre dans un monde qui est en perdition…

D’un autre côté, je suis effrayée. Effrayée par le court laps de temps qu’il me reste pour mettre les derniers coups de pinceau à mon travail. Par les révisions qu’il va certainement falloir que je bâcle. Par le fait que ce ne sont décidément pas les conditions dans lesquelles j’imaginais passer mon examen.

Mais qu’est-ce que je peux y faire ? A vrai dire, je me résigne. J’essaye de faire l’autruche pour ne pas céder à la panique. J’essaye de me concentrer sur ce que j’ai à faire en prenant un jour après l’autre et en avançant le mieux possible.

Au final, quelle que soit la façon dont ça va se dérouler et se terminer, j’ai hâte, car le 12 décembre, je serai libre.


Voilà, je crois que j’ai fait le tour !


Enfin, j’arrive au bout de l’aventure de l’apprentie enlumineuse. Je n’y croyais plus, mais la fin est proche. Je vais enfin pouvoir partager les fruits de mon travail avec vous, et j’espère que ça vous plaira !

Quoi qu’il en soit, merci pour votre soutien, et à très bientôt !

Welcome, or welcome back !

Est-ce que je suis la seule à trouver que l’automne est une saison magnifique ? Malgré les températures qui descendent, les couleurs sont tellement belles qu’elles réchauffent le cœur. Et en ces périodes troublées, un peu de réconfort, même visuel, ne fait pas de mal.


Quelles sont les nouvelles ?

Photo by Jasmine Coro on Unsplash


Car oui, l’automne est là, Halloween pointe le bout de son nez, et après des mois et des mois de dur labeur, j’arrive enfin à voir le bout du tunnel.

Jusqu’à très récemment, bien que je sache en mon for intérieur que je doive terminer mon manuscrit mi-novembre, l’échéance n’était pour moi pas très réelle. Et ce, malgré les tableaux et calendrier trônant sous mes yeux TOUS. LES. JOURS. Du moins, c’était jusqu’à ce que je reçoive un mail de l’administration me disant que les dates pour la reliure étaient fixées.

Hahaha.

J’ai alors eu une prise de conscience sur le travail qu’il me restait à faire et le temps imparti. Et le tout a — bien évidemment — , été suivi par une vague de panique, car même si j’avance bien, il me restait encore une foule de choses à terminer.

Mais alors, où est-ce que j’en suis, me demanderez-vous ?


Côté enluminure

Après la vague de panique citée plus haut, j’ai remis en place une routine quasi militaire et me suis mise à travailler avec un tel acharnement que j’ai réussi à abattre l’équivalent de trois semaines de travail en une semaine et demi. Un réel exploit, qui, certes, m’a soulagé de la charge mentale qui me pesait, mais m’a coûté physiquement.

J’ai donc terminé toutes mes pleines pages, mon frontispice et ma page de titre qui m’a valu pas mal d’heures d’insomnies mais dont le résultat me satisfait enfin.

En gros, ne me restent plus que quelques détails à régler au sein de mes chapitres. Il me reste donc encore au moins une ou deux semaines de travail, mais plus aucun gros morceaux, donc c’est un réel soulagement.

Fière de ma progression, je me suis donc octroyée quelques jours de repos, dont un week-end durant lequel je suis allée au Angers Geekfest pour aller à la rencontre d’auteurs que je connaissais ou pas.


Côté Geekfest

Je dois dire que malgré l’aventure qu’a été mon entrée au festival (et je remercie d’ailleurs chaudement ceux qui ont permis cette entrée et qui se reconnaîtront si d’aventure ils passent par là), j’ai passé un super moment !

Cela faisait des années — presque dix — que je n’avais pas mis les pieds dans ce genre de convention, et l’ambiance bon-enfant, joyeuse et artistique m’avait vraiment manquée. J’ai fait un grand tour, passant un bon moment à l’expo Harry Potter, puis je suis allée à la rencontre d’auteurs présents.

J’ai d’abord fait la connaissance de Alexane Guth, qui m’a parlé de l’univers qu’elle avait créé et des différentes séries qu’elle avait écrites, et à qui j’ai acheté le premier tome de sa série L’Odyssée des deux Mondes aux éditions Sudarènes intitulé l’Éveil des Ténèbres.

Je suis ensuite allée voir du côté de Aidan Fox, avec qui j’ai parlé de construction d’univers et de cohérence en écriture, et à qui j’ai acheté Les Chroniques d’Yshal, les Murmures du Shar, un beau bébé de plus de 1000 pages mais qui ne me fait pas peur !

Et pour finir, j’ai rendu visite à Lysiah Maro, que j’étais plus qu’impatiente de rencontrer en vrai et à qui j’ai fait dédicacer le premier tome de sa série Horizon parue chez Inceptio, Sombre Balade.

Autant dire que mon sac pesait lourd, mais que je suis heureuse d’avoir trouvé de quoi lire, écrit par des auteurs français ! Je pense que j’en reparlerai quand j’aurai terminé mes lectures, donc, à suivre.

Mais voir tout ce petit monde et acheter tous ces livres ne m’a pas laissé de marbre, et ce qui devait arriver arriva…


Côté écriture

En réalité, tout à commencé à cause d’une discussion que j’ai eue avec le Chéri : nous parlions de mes personnages, et particulièrement de celui nommé Tarkin. Je lui faisais part de la façon dont je l’avais imaginé, et il m’a fait part de la façon dont il le voyait. Ce qui s’est passé, c’est qu’il ne le voyait pas de la façon dont je l’avais imaginé.

Je me suis alors demandée si j’avais mal fait mon travail, ou si j’avais donné trop peu d’éléments pour que le lecteur en ait une vision aussi claire que possible. Une vieille idée que je gardais sous le coude depuis un moment est donc revenue me hanter : développer quelques chapitres écrits du point de vue d’autres personnages de la série.

Galvanisée par les rencontres que j’avais faites durant le week-end, je n’ai donc pas pu résister à l’appel du clavier.

Revenez cinq jours plus tard, et ça donne un pavé de 5600 mots ! Welcome, l’écriture, ou plutôt dirais-je, welcome back ! Tu m’avais manqué !!

Alors, je ne sais pas exactement ce que ça va donner, mais après une telle avancée, je pense que je vais essayer d’en faire quelque chose. C’est donc une histoire à suivre !


Voilà, je crois que j’ai fait le tour !


Enfin, j’arrive au bout de l’aventure de l’apprentie enlumineuse — ce qui me permet petit à petit de reprendre ma plume — mais je n’ai pas encore dit mon dernier mot ! J’ai hâte de connaître mes modalités d’examen pour enfin pouvoir vous partager mon travail. Je n’ai pas encore de date précise, mais ce que je peux vous promettre, c’est que vous en aurez plein les yeux !

Quoi qu’il en soit, merci pour votre soutien, et à très bientôt !

Rentrée 2020, en avant !

Ça y est, les jours raccourcissent, l’air se fait plus froid et on commence à sentir l’automne arriver. Mais que s’est-il passé durant l’été, et qu’est-ce qui est prévu pour la suite ?


Comment se porte l’apprentie enlumineuse ?


Compte rendu de l’été

Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas vu le temps passer.

Déjà, à cause du confinement, les cours se sont terminés plus tard que prévu, soit mi-juillet.
Ensuite, avec le travail qui me restait à faire, je n’ai pas eu le loisir de penser à autre chose.

Enfin, si. Car je suis tombée malade. Une suspicion de covid-19, mais finalement, ça n’était qu’un rhume bénin qui m’a quand même valu une semaine d’arrêt : j’avais la tête tellement prise que j’étais un vrai légume. Mais le test est revenu négatif, alors c’est le principal.

Puis, fin août, parce que la panique devant le travail à accomplir m’a fait un peu — trop — accélérer la cadence, et parce que l’incapacité à utiliser mes pigments correctement à cause de la canicule m’a quasiment fait perdre la raison, je me suis retrouvée avec le dos bloqué. Du coup, une nouvelle semaine d’arrêt et des séances chez le kiné.

Mais heureusement, maintenant, tout va bien. Le temps est plus à ma convenance, ce qui m’aide à me calmer et à continuer mon travail. Cependant, l’emploi du temps reste chargé. Je ne panique pas encore tout à fait, mais je ne suis pas loin.


Et pour la suite ?

La suite. La suite… ? Quelle… Bref.

Oui, la suite, car il faut bien y penser. Mais c’est compliqué de prévoir quand on est la tête dans le guidon et que les plans sont chamboulés tous les quatre matins. Cependant, j’ai quand même plein de projets sur le feu dont il faut que je m’occupe.


Côté écriture

Les Avatars

Eh oui, encore et toujours les Avatars. Il faut dire qu’avec cet arrêt de deux ans pour cause d’enluminure, mon bébé me manque énooormément ! Alors, quel est le plan ?

J’ai réussi à trouver quelques heures avant de dormir pour faire une révision de mon tome 2 après une relecture complète. Je n’y avais pas touché depuis mon entrée à l’institut, alors c’était presque comme si je me replongeais dedans avec un regard extérieur. J’ai pu corriger quelques fautes et coquilles, et aussi noter des trous dans le scénario qu’il fallait que je comble.
J’ai donc encore un peu de travail dessus, mais il devrait bientôt être comme j’ai envie qu’il soit, et avec chance, je relancerai une sortie d’ici janvier 2021.

Peut-être que les tomes 1 et 2 feront également peau neuve ? A voir.

Ensuite, j’aimerais ENFIN m’atteler à la rédaction de mon tome 3, qui attend patiemment depuis presque 3 ans. Ça va me demander un travail énorme, mais il faut que j’arrive au bout de cette série.

Atura

J’aimerais également finaliser Atura, qui est déjà bien entamé. J’ai posté les premiers chapitres sur WattPad, et je tiens à le terminer.
C’est un projet bien moins ambitieux que les Avatars et ça n’est qu’un one shot. Aussi, j’espère m’acquitter de cette tâche sans trop de difficultés.


Côté enluminure

Mon chef-d’œuvre

Côté enluminure, il y aura la présentation de mon projet de fin d’année que je meurs d’envie de vous partager. Garder le secret aura été une des choses les plus difficiles à faire durant cette année, et surtout, ne rien laisser filtrer.
Je ne sais pas si une exposition sera possible en raison des mesures sanitaires, mais j’aimerais évidemment le faire partager au plus grand nombre. Si une présentation physique n’est pas possible, j’essayerai de m’organiser autrement, peut-être à travers différents articles sur ce blog. Je verrai bien.

Autres projets pros

Une fois que le chef-d’œuvre sera terminé, je compte développer mon activité d’enlumineuse à travers des cours et des ateliers découverte et des commandes de particuliers. Si vous avez envie de vous initier ou si vous cherchez un cadeau original, je vous donne rendez-vous au printemps/été 2021 !

Je comte aussi me diversifier en explorant le côté illustration de la force. C’est mon souhait le plus cher depuis des années, et l’apprentissage de l’enluminure m’a donné les outils dont j’avais besoin pour me lancer. De ce côté-ci, il n’y a encore rien de vraiment définit, donc ça reste une piste à suivre, pour le moment.


Voilà, je crois que j’ai fait le tour !


Vous l’aurez deviné, il me reste beaucoup de travail pour arriver au bout de l’aventure de l’apprentie enlumineuse, et presque encore plus pour arriver à mon but final : voler de me propres ailes en tant que créatrice pluridisciplinaire.
Mon univers est et restera toujours le livre — qu’il contienne des images et/ou des mots — et j’ai maintenant les outils nécessaires en main pour créer ce que j’ai envie.

Quoi qu’il en soit, merci pour votre soutien, et à très bientôt !

Étapes de création : du thème à la peinture – Deuxième partie


Les recherches


Les bibliothèques sont nombreuses, et proposent de plus en plus de numérisation de manuscrits. C’est une aubaine, mais c’est aussi un bon moyen de se perdre.

Par où commencer les recherches ? Dans quelle direction aller ?

The Bury Bible, 1135 – 1138, Corpus Christi Colledge, Cambridge, MS 0021, ff1v – 2r

Maintenant que le thème de la commande est définit, viennent les recherches. Dit comme ça, ça paraît facile. Mais si les ressources sont accessibles grâce à internet, il est parfois compliqué de s’y retrouver.

Heureusement, il existe de bons outils pour naviguer dans l’océan du numérique. En voici 3 exemples :

Initiale

Initiale est un catalogue informatisé de manuscrits enluminés du Moyen Âge, principalement de ceux qui sont conservés dans les bibliothèques publiques de France, hors Bibliothèque nationale de France. On y trouve également des manuscrits conservés dans d’autres établissements français, tels que les archives départementales, municipales, diocésaines, les musées, trésors de cathédrales, séminaires, etc. (infos recopiées directement sur le site)

On peut y faire des recherches par mots-clés, et les résultats trouvés renvoient à des notices sur lesquelles ont peut en apprendre plus sur le manuscrit : provenance, époque, auteur, décors, etc.

Souvent, les liens renvoient au site de la BVMM, la Bibliothèque Virtuelle des Manuscrits Médiévaux.


BVMM

C’est une base de donnée qui permet la consultation totale ou partielle de manuscrits numérisés. La recherche se fait cette fois par bibliothèque avec la cote du manuscrit (son code d’identification). C’est pratique si on veut trouver un manuscrit dont on a la cote, ou si on est intéressés par des manuscrits provenant d’un endroit en particulier, mais pas si on veut faire une recherche à partir d’images.


Gallica

C’est la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France. On y trouve des livres, la presse, des cartes, des images, des sons, des partitions, mais surtout, une impressionnante collection de manuscrits.


Voilà donc trois exemples qui constituent une bonne base de données pour chercher l’inspiration. Mais il en existe bien d’autres, comme les sites des bibliothèques étrangères : la Bibliothèque Vaticane, la British Library, la Bayerische StaatsBibliothek, etc.


La semaine prochaine, je rentrerai un peu plus en détail en ce qui concerne les manuscrits que j’ai utilisé pour mon devoir sur Titivillus, car c’est là que je vais chercher mon inspiration !

Si l’article vous a plu, ou déplu, si vous avez des questions ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Merci beaucoup, et à très bientôt !

Étapes de création : du thème à la peinture – Première partie


Le thème


Tandis que la semaine dernière, je vous exposais les différentes étapes de la création d’une enluminure, me revoilà pour vous parler de la première étape : le thème.

Pour cela, j’ai décidé d’illustrer mes propos avec le création romane que j’ai eue à faire durant ma première année d’étude.

Pierre Lombard-Sur le Psautier-BNF Latin 11565 f31v – détail

Si vous faites une création, vous choisirez le thème vous-même. Mais si vous répondez à une commande, le thème vous sera imposé par le commanditaire.

Pour cette première création, le thème nous a été imposé par nos enseignants. Eh oui, il ne faut pas rêver, non plus ! Nous n’étions pas vraiment prêts pour nous lancer dans le grand bain, surtout que c’était notre premier devoir commun de dessin et de calligraphie ! Voilà donc de quoi nous devions traiter :

Titivillus.


Mais qu’est-ce donc, ou plutôt, qui est donc ce Titivillus ?

C’est une petit démon qui hante les monastère et se réjouit en volant des lettres, des syllabes, et parfois, des mots aux moines copistes, les poussant à faire des fautes.


Les consignes étaient les suivantes :

Calligraphier le texte que les professeurs nous avaient donné – sans faire de fautes – et l’illustrer, le tout en respectant les codes du style roman.


Le texte

Jacques de Vitry (1160/1170 – 1240)

Sermones Vulgares

Audivit quod quidam sanctus homo, dum esset in choro, vidit diabolum quasi pleno sacco valde oneratum. Dum autem adjuraret dyabolum ut diceret ei quid portaret, ait : « Hec sunt sillabe et dictiones syncopate et versus psalmodie que isti clerici in hiis matutinis furati sunt Deo. Hec utique ad corum accusationem diligenter reservo ». Excubate igitur diligenter in mysterio altaris, ne super populorum oriatur indignatio.

Traduction

Sermons populaires

J’ai entendu dire qu’un saint homme, pendant qu’il était dans le choeur, vit un diable pour ainsi dire lourdement chargé d’un sac plein. Or, alors qu’il adjurait le diable de lui dire ce qu’il portait, il répondit : « Ce sont les syllabes, les paroles syncopées et les versets de psalmodie que ces maudits clercs ont dérobés à Dieu pendant ces matines. En tout cas, je les réserve scrupuleusement pour leur accusation. » Soyez donc scrupuleusement vigilants quand il s’agit du mystère de l’autel, pour que l’indignation ne se lève pas sur le peuple.


Dans un autre article, je détaille les différentes étapes qui ont conduit à la finalisation de la calligraphie, mais voilà ce à quoi le résultat final ressemble.

Calligraphie sur le thème de Titivillus de style gothique primitive.

Avec un thème et des consignes précises concernant l’époque, et donc le style à utiliser, les idées devraient commencer à germer.

La semaine prochaine, je partagerai la suite du processus de création de façon concrète avec mes croquis, alors, restez attentifs !

Merci beaucoup et à bientôt !


Si cet article vous a plu ou déplu, si vous avez des question ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Étapes de création : du thème à la peinture


Introduction


Quel que soit le style d’enluminure choisie, qu’il soit historique ou plus contemporain, respecter certaines règles est essentiel pour mener son projet à bien.

Mais comment faire ?

Enluminure sur le thème Ut Queant Laxis

À l’ISEEM, j’ai appris à faire de la copie d’enluminure existantes. Ça m’a permis de travailler la technique. Mais la première fois que mes professeurs m’ont dit que je devrais faire une création, je me suis sentie perdue.

Par où commencer ? Où trouver les idées ?

Mais heureusement, mes professeurs étaient là pour me guider dans le processus et m’ont accompagné à chaque étape. Les voici :

Tout commence par le thème.

Dans le cas d’une commande, il est choisi par le commanditaire : une reproduction – mais il n’en est pas question ici – , un prénom, un portrait, la scène d’un film, le tout dans un style définit.

Il faut aussi décider s’il y aura de la calligraphie, et dans quelle proportion.

Ensuite, viennent les recherches.

Le but est de définir ce que le commanditaire attend. S’il s’y connaît en enluminure, il aura certainement une idée bien précise. Mais si ça n’est pas le cas, c’est à l’enlumineur de lui proposer des idées, de lui exposer ce qui peut être fait en fonction des styles.

Puis, vient l’inspiration.

C’est là que les manuscrits de référence sont utiles. Les bibliothèques sont alors vos meilleurs amies pour les consulter. La liste est longue, mais pour en citer au moins une, il y a la BnF.

Et avec l’inspiration viennent les croquis.

À cette étape, l’idée se précise, les formes se dessinent. Montrer les croquis au commanditaire peut être une bonne idée pour savoir si on reste sur la bonne voie.

Ensuite, une fois que les croquis sont validés, on passe à la palette de couleurs.

Chaque période possède la sienne en fonction de l’apparition et de l’utilisation de certains pigments. A priori, on sait donc quoi utiliser. Mais leur association peut prendre du temps en fonction de l’effet qu’on veut rendre. Cette couleur va-t-elle mieux avec celle-ci ou celle-là ?

La réponse à cette question vient en fonction de l’expérience de l’enlumineur, mais aussi des désirs du commanditaire.

Une fois qu’on a les croquis et la palette, il ne reste donc plus qu’à s’y mettre !

On commence par la calligraphie, puis on reporte le dessin qu’on fixe avec de l’encre. Ensuite, viennent les pigments !


Voici donc les différentes étapes du processus de réalisation d’une enluminure. Je pense qu’elles peuvent être transposée à n’importe quel genre de création artistique.

Pour mieux illustrer mes propos, je posterai dans les semaines à venir des exemples concrets basés sur mes propres travaux. Donc, restez attentifs !

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Merci beaucoup, et à très bientôt !

Coup du sort ou bénédiction déguisée ?

Alors que le temps continue inexorablement sa course et que les échéances arrivent à grands pas, la crise actuelle et les mesures de confinement — bien que nécessaires — nous mettent des bâtons dans les roues.

Car au delà des interrogations liées à la santé de chacun, les questions fusent alors concernant nos projets de fin d’année : est-ce que nous pourrons avancer suffisamment et efficacement ? Les instructeurs seront-ils disponibles ? De quelle façon ?

En gros, comment gérer la crise actuelle et le confinement alors que le travail que l’on doit fournir demande un suivi rigoureux ?

Pour certains, évidemment, la contrainte est énorme.
Je pense notamment à mes collègues qui ont besoin de l’œil et des conseils avisés des instructeurs pour avancer dans leur travail en cours, ou à ceux qui commencent à peine et n’ont pas eu le temps de faire le point avant la fermeture de l’école.

Pour ma part, c’est un peu différent. En effet, une fois la question des couleurs réglée, mon instructrice m’a dit « Vous commencez le propre mardi ! », comme si elle m’avait parlé de la pluie et du beau temps !

J’ai donc commencé à peindre plus tôt que prévu ! Et même si certains détails ne sont pas encore arrêtés, j’ai la chance d’avoir de quoi m’occuper pour au moins les trois semaines à venir. Maintenant relancée dans ma routine de travail, j’ai donc un peu grincé des dents quand les nouvelles concernant la fermeture des établissements sont tombées.

Néanmoins, en considérant l’ampleur de la crise, je me suis dis que dans le malheur général, j’avais quand même pas mal de chance. Car, non seulement, je suis en bonne santé. Mais surtout, combien de fois j’ai pensé : « Ah, je serais tellement mieux chez moi à gérer mon temps comme j’en ai envie ! ». Et voilà qu’on me dit « Mais allez-y ! ». Que demander de plus ?

Alors, évidemment, j’ai aussi besoin des conseils de mes enseignants, car je suis loin d’avoir la science infuse. Mais en relativisant un peu, tout n’est qu’une question d’adaptation et d’organisation.

Le travail à faire, je l’ai. Les gestes techniques, je les connais. Si j’ai besoin d’un conseil ? Je peux envoyer un e-mail avec une photo et des questions. Si j’ai besoin de faire le point ? On peut faire une conférence téléphonique. Ce qui veut dire que le seul véritable obstacle que je rencontrerai sera moi-même : est-ce que je serai capable de gérer mon temps et mon travail de façon efficace ? Seul l’avenir nous le dira.

Et vous, quelles sont les plus grosses contraintes en ces temps troublés ?
Quoi qu’il en soit, prenez soin de vous !

Nouvelle étape, nouvel obstacle ?

Deux semaines de vacances idylliques m’ont permis d’échapper au cercle vicieux de stress et de surmenage dans lequel j’étais tombée depuis la Toussaint.

Mais après ça, j’appréhendais un peu de reprendre le travail. Pour être honnête, j’y suis vraiment retournée en trainant des pieds.

En effet, la nouvelle étape qui m’attendait me faisait l’effet d’une montagne insurmontable, car j’allais aborder le cœur de mon projet de fin d’études : la couleur.


Photo by Pierre Bamin on Unsplash

Eh oui, après des mois de dessin, de mise en page, de report et reprise de traits, sans parler de la pose de feuille d’or, me voilà enfin face à mes pigments et mes pinceaux. Et tandis que l’envie me prends de peindre selon mes envies et mon instinct, mon instructrice me fait revenir à la réalité en me posant la question fatidique :


« Alors, vous avez une idée de quelles couleurs utiliser pour ce motif ? »


Et là, le blanc dans ma tête. Ha…ha.

Enfin, pas tout à fait, parce que oui, j’ai une idée des couleurs que je veux pour ce motif. Je veux du bleu, du brun, du rouge.

C’est bien. Mais lesquels ? Pastel ? Azur ? Lapis ? Terre d’ombre naturelle ou calcinée ? Rouge vermillon ou pourpre ? Dans quelle nuance ? Purs ? Gouachés ? En suivant quelle méthode ? En aplat ? En transparence ? Et.. ?

Et voilà comment le temps s’est remis à filer sans que je m’en rende compte, car évidemment, ce sont des questions que je dois me poser pour tous les motifs et toutes les couleurs que je compte utiliser pour mon projet. Autant dire que j’en ai encore pour un moment, car le cahier des charges nous impose 4 pleines pages d’illustrations et des décors de texte, et que cette semaine, je ne suis venue à bout que d’un décor d’une de mes pleines pages. Vous la voyez la montagne, là ? Elle est quand la date butoir déjà ? En octobre ?

Je peux aller pleurer maintenant, ou j’attends encore un peu ?

Non. En réalité, ça n’est pas une montagne, c’est un challenge, et le marathon auquel je pensais participer s’est transformé en course contre la montre. Gérer les couleurs et leurs nuances fait partie du jeu. Plus je me pose de questions en amont et plus le travail sera facilité pour plus tard. Et surtout, c’est une question d’habitude. Le commencement est long, mais une fois lancée, tout se fait de plus en plus facilement, et rapidement.
J’ai donc bon espoir de terminer mon travail dans les temps. Seul l’avenir nous le dira !

Le printemps arrive et le travail continue

Le mois de février touche à sa fin, et avec lui, deux semaines de vacances plus que méritées…

Alors que s’est-il passé durant ces vacances ? Et depuis l’an dernier ?? Car ça fait un moment que je n’ai pas donné de nouvelles. Il serait bien trop long de tout raconter en détail, mais je vais quand même essayer de faire un résumé rapide, même si le tout tiendrait en un seul mot : boulot !



L’année d’apprentissage à l’ISEEM s’est très bien déroulée, et terminée. En effet, j’ai pu passer en deuxième année haut la main avec un peu plus de 16 de moyenne générale, ce qui ne m’était pas arrivée depuis… Eh bien, ce qui ne m’était jamais arrivé ! De façon générale, mes professeurs étaient contents de mon travail, et c’est l’esprit plutôt serein que j’ai pu attaquer mes devoirs de vacances : les premiers croquis de mon projets de fin d’études.

Puis l’été s’est terminé, et avec lui, les jours heureux durant lesquels je pouvais flâner… ou pas ! Car même si je n’ai fait que quelques croquis, en septembre, j’avais déjà une bonne idée de ce à quoi allait ressembler ce projet ! Mais ça, il faudra attendre octobre 2020 pour que vous puissiez le voir ! Patience !

J’ai donc commencé l’année d’un bon pied, et tout se passait bien jusqu’aux vacances de Noël, quand les premières déconvenues sont arrivées : retard dans les commandes de parchemin, ce qui a entrainé un retard dans la préparation de ceux-ci en prévision de la calligraphie… !

Bref, une réaction en chaîne qui a pu être stoppée in extremis avec l’arrivée du précieux colis de parchemins. Mais là, nouvelle déconvenue en découvrant mes peaux abîmées durant le transport… Stress, stress, stress ! Mais ça n’a pas empêché les instructeurs de nous demander de calligraphier avant les vacances ! J’ai donc pu rester dans les temps !

Qui dit vacances, dit repos ! Enfin !

Ou pas !Pour moi, celles de Noël ont été un marathon entre la famille, le chéri, et la préparation d’un déménagement. Bien que j’ai pu passer de très bons moments avec mes proches, j’étais littéralement en manque de la chose la plus précieuse à mes yeux : le repos. Était-ce trop demander ?

Apparemment oui, car j’ai dû retourner en cours que je le veuilles ou non. Sauf que j’étais encore plus épuisée que lorsque j’en étais partie. Et ça n’est pas pour ça que le travail avait diminué, au contraire ! Donc nouvelle vague de stress… stress… stress… !

Et c’est donc sans étonnement que je suis tombée malade.
Heureusement, j’ai réussi à tenir jusqu’aux vacances de février, et après un traitement qui m’aura presque fait plus de bien que de mal, j’ai ENFIN pu profiter d’un peu de repos chez mes parents. Autant dire que oui, j’en ai profité, et ce malgré la tonne de travail que j’ai toujours à faire. Mais j’en étais arrivée au point où il fallait réellement que je choisisse entre le travail et la santé.

Ce qui va se passer maintenant ? Je vais retourner en cours, évidemment. J’ai certes accumulé un peu de retard dans mon projet de fin d’études, mais rien de trop grave pour le moment. Je vais donc faire de mon mieux pour accomplir ce qui doit l’être dans le temps imparti. Mais surtout, je vais faire en sorte de prendre soin de moi et de trouver le moyen de me changer les idées de temps en temps. En écrivant un peu, par exemple … ?

La vie d’enlumineuse, comment ça marche ?

Avant tout, je dois vous annoncer que mes tribulations d’écrivaine en herbe sont officiellement mises en pause jusqu’à nouvel ordre, car ma nouvelle vie d’apprentie enlumineuse occupe tout mon temps. Je posterai donc moins souvent, et moins d’extraits de mes romans en cours. Mais je compte bien vous tenir au courant de l’avancement de ma nouvelle vie !


Entrainement à la calligraphie de style gothique primitif

Alors, qu’est-ce que je fais, et comment tout ça fonctionne ?

Eh bien, ma formation dure deux ans. La première année est consacrée à l’apprentissage de toutes les techniques de l’enluminure : dessin médiéval, calligraphie, peinture, dorure, j’en passe et des meilleures, à raison de 7h de cours par jours, 5 jours par semaine.

La deuxième année est consacrée à la réalisation d’un chef d’œuvre : un livre réalisé de A à Z par mes soins, avec un thème pouvant aller de Harry Potter à la Guerre de Cent Ans, le tout résumé, calligraphié et enluminé dans un style de mon choix. Je pourrais même utiliser une de mes histoires comme sujet, c’est pas génial, ça ?

A l’issue de ces deux années, un jury composé de professionnels du milieu évaluera mon chef d’œuvre et si mon travail est au top niveau, j’aurais peut-être la chance de pouvoir être titrée « enlumineur de France ». Voilà donc l’objectif du marathon que je viens d’entamer : le titre suprême. Le rêve. La gloire.

Pourquoi, me direz-vous ?

Eh bien, par amour de la beauté de l’art médiéval. Par passion pour l’art tout court. Par envie d’apprendre des techniques ancestrales en perdition, avec l’espoir de les pérenniser. En tout cas, j’espère bientôt pouvoir partager avec vous des photos de ma progression !