Une page se tourne

Cela fait maintenant deux ans et demi que je vous tiens au courant de mon parcours mêlant écriture et enluminure, et me voilà enfin au bout de l’aventure. Mais comment se termine-t-elle ?

Avec le reconfinement, le déconfinement, comment s’est passé cette fin de parcours ? Est-ce que j’ai pu passer mon examen ? Dans quelles conditions ?


Où est-ce que j’en suis ?

Photo by Jasmine Coro on Unsplash


Pour vous remettre dans le contexte, j’étais censée faire la reliure de mon manuscrit les 26, 27 et 30 novembre. Évidemment, ça n’a pas pu se faire, et après un petit passage à vide peuplé de beaucoup de doutes, on nous a finalement confirmé les dates et les conditions d’examen.

Le dépôt du manuscrit s’est donc fait le lundi 7 décembre à 8h30. Puis le mardi 8, j’ai passé l’épreuve écrite à distance (un quizz sur internet). Et enfin, le 9, j’ai passé mon oral.


Côté manuscrit

Tout s’est bien passé, mais c’était tout juste.

J’avais bien tout terminé niveau peinture et retouches, même les détails que je pensais ne jamais faire.
J’avais bien enveloppé mes parchemins pour qu’ils ne bougent pas trop, n’étant pas reliés.
J’avais imprimé mes dossiers enluminure et calligraphie (des dossiers expliquant nos références et notre démarche créative).
J’avais bien préparé mes dessins.
Mais je n’avais pas compris qu’il fallait les donner avec le tout. Donc c’est qui qui a fait un allé/retour chez elle en courant pour pouvoir donner son matériel à l’heure et ne pas se faire recaler à l’examen ?

Voilà voilà.


Côté examen écrit

Je savais que j’allais être interrogée sur les différentes matières, à savoir : dessin médiéval, calligraphie, pose de métaux, enluminure, et théorie. Mais étant donné que je n’avais jamais eu d’examen écrit dans aucune de ces matières, je ne savais pas du tout à quoi m’attendre.
Disons que j’ai révisé comme j’ai pu, et que les épreuves ont été à la hauteur de mes attentes et de mes craintes.
Dans l’ensemble, je ne m’en suis pas trop mal sortie, même si j’ai eu de grosses lacunes sur certains détails.
Heureusement que j’avais révisé toutes mes recettes !!!


Côté examen oral

Bon.
Ceux qui me connaissent savent ce que je pense des présentations et exposés.
Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas douée pour parler en public.
Ceux qui me connaissent savent que…
Bref, ils savent.

J’ai essayé. Vraiment. Je vous jure.
J’ai fait un plan structuré. J’ai fait une fiche. J’ai répété.
Mais ça n’a pas suffit.

Encore une fois, on nous avait donné les grandes lignes de ce qu’on attendait de nous : présenter notre manuscrit. C’est bien, mais quand même, ça reste vague. Ça laisse la place à pas mal de choses.
J’ai donc préparé une présentation basée sur mes dossiers et expliquant le rapport entre mon texte et les manuscrits de référence que j’ai utilisés.
Sauf que, arrivée sur place, on m’a dit : « Surtout, il faut parler technique !! Ne passez pas plus de 5 minutes sur votre histoire !! ».
Très bien. Et là, il me reste combien de temps pour refaire ma présentation ??
Et du coup, après avoir passé un quart d’heure à attendre dehors, on m’a jeté en pâture aux lions sans ménagement, et tout ce qui tournait dans mon esprit, c’était « Parler technique ? Mais qu’est-ce que je vais dire…? »
Et mon cerveau s’est figé. FI- !

Maintenant que la panique est passée, je sais ce qu’ils attendaient de moi. Ils voulaient que je leur explique le processus technique et pas créatif, évidemment. Et ça tombe sous le sens.
Ils voulaient savoir comment j’avais préparé le parchemin et avec quoi ; quels pigments j’avais utilisé et comment ; les spécificités des styles que j’avais choisi.
Pas la raison pour laquelle ce personnage s’appelle comme ça ; pas la raison pour laquelle celui-là porte cette couleur et pas une autre. Pas la raison… bref, ils ne voulaient pas connaître les détails de mon histoire et la façon dont je l’ai créée.
Dommage.


Comment tout ça se termine

Avec beaucoup de stress, je dois dire.

Ayant totalement raté mon oral, je me suis mise à douter d’avoir mon examen.
Car voyez-vous, pour être titré Enlumineur de France, il ne suffit pas d’avoir la moyenne. Non non non, il faut avoir au minimum 14 de moyenne générale.
Sachant que j’aurais à peine la moyenne à l’oral et que mon épreuve écrite était mitigée, je savais que ça me faisait quand même pas mal de points en moins…

Autant dire qu’entre la fin de mon oral le mercredi et la fin des délibérations le vendredi après-midi, j’ai cru mourir plusieurs fois.

Autant dire que quand on m’a appelé pour me dire que j’avais réussi, j’ai cru revivre.


Enfin. Voilà.
Le principal, c’est que j’ai réussi à aller au bout de ce périple.
J’ai tenu mes engagements.
J’ai sorti un manuscrit qui me plait.
Je n’y croyais plus, mais je suis enfin Enlumineur de France.
Mais surtout, je vais enfin pouvoir partager les fruits de mon travail avec vous ! Attendez-vous donc à voir des images sous peu !

Quoi qu’il en soit, encore merci à ceux qui m’ont soutenu et encouragé durant l’épreuve qu’auront été ces deux années.

A très bientôt pour la suite de l’aventure !!

Bientôt la fin ?

Voilà des mois que je vous tiens au courant de mes avancées d’apprentie enlumineuse : mon apprentissage, mon projet de fin d’année, et cet examen qui semble impossible à planifier. Avec le couvre-feu, puis le reconfinement, il semble désormais impossible pour moi d’obtenir mon diplôme.


Qu’en est-il vraiment ?

Photo by Jasmine Coro on Unsplash


En effet, il y a une semaine, j’annonçais que les dates pour la reliure de mon projet de fin d’études étaient tombées. Me concernant, il s’agissait de trois jours, les 26, 27 et 30 novembre. Trois jours durant lesquels j’allais ENFIN pouvoir assembler les pages de mon manuscrit et le contempler tel que je le visualise depuis des mois. Trois jours après lesquels j’allais ENFIN pouvoir me consacrer à de potentielles révisions, mais surtout, à envisager la suite.

Seulement, entre temps, le couvre feu a été instauré, et comme je m’en doutais — sans pourtant vouloir y croire — le reconfinement. Comme beaucoup, la nouvelle est tombée comme un coup de massue, pour beaucoup de raisons. Pour moi, ça signifiait une nouvelle mise à l’arrêt. Un nouvel obstacle entre moi et mon diplôme. Et la question qui m’avait hanté durant la première partie de l’année est venue me retrouver :

Que va-t-il donc se passer ?


Côté reliure

Eh bien, malheureusement, il semble que je doive faire une croix sur la reliure, pour le moment. En effet, les arrêtés ne permettant pas à la relieuse de poursuivre son activité et d’accueillir des groupes en atelier, la couverture de mon manuscrit devra attendre des jours meilleurs. Quand ? l’univers seul le sait.


Côté examen

Les dates d’examen sont finalement tombées, elles aussi et se situent la deuxième semaine de décembre. Du 7 au 11, pour être précise, sans savoir si un prolongement du confinement sera susceptible de modifier ces dates, évidemment. Je passerai donc l’examen écrit qui permettra de juger de mes connaissances, et je suppose que je serai convoquée devant un jury pour présenter mon manuscrit… sans couverture ni reliure.


Ce que j’en pense

Honnêtement, je suis mitigée.

D’un côté, je suis contente que les dates soient enfin tombées. Me dire que d’ici un peu plus d’un mois, tout sera terminé me soulage. Je peux ainsi commencer à penser à autre chose que l’enluminure, autre chose que mon projet de fin d’études et toutes les insomnies qu’il m’apporte.
Je peux à nouveau penser à mes livres qui attendent que je m’occupe d’eux. Aux projets de cours et de formation qu’il faut que je mette en place rapidement. A la façon dont il va falloir que je m’organise si je veux pouvoir survivre dans un monde qui est en perdition…

D’un autre côté, je suis effrayée. Effrayée par le court laps de temps qu’il me reste pour mettre les derniers coups de pinceau à mon travail. Par les révisions qu’il va certainement falloir que je bâcle. Par le fait que ce ne sont décidément pas les conditions dans lesquelles j’imaginais passer mon examen.

Mais qu’est-ce que je peux y faire ? A vrai dire, je me résigne. J’essaye de faire l’autruche pour ne pas céder à la panique. J’essaye de me concentrer sur ce que j’ai à faire en prenant un jour après l’autre et en avançant le mieux possible.

Au final, quelle que soit la façon dont ça va se dérouler et se terminer, j’ai hâte, car le 12 décembre, je serai libre.


Voilà, je crois que j’ai fait le tour !


Enfin, j’arrive au bout de l’aventure de l’apprentie enlumineuse. Je n’y croyais plus, mais la fin est proche. Je vais enfin pouvoir partager les fruits de mon travail avec vous, et j’espère que ça vous plaira !

Quoi qu’il en soit, merci pour votre soutien, et à très bientôt !