Étapes de création : du thème à la peinture – Première partie


Le thème


Tandis que la semaine dernière, je vous exposais les différentes étapes de la création d’une enluminure, me revoilà pour vous parler de la première étape : le thème.

Pour cela, j’ai décidé d’illustrer mes propos avec le création romane que j’ai eue à faire durant ma première année d’étude.

Pierre Lombard-Sur le Psautier-BNF Latin 11565 f31v – détail

Si vous faites une création, vous choisirez le thème vous-même. Mais si vous répondez à une commande, le thème vous sera imposé par le commanditaire.

Pour cette première création, le thème nous a été imposé par nos enseignants. Eh oui, il ne faut pas rêver, non plus ! Nous n’étions pas vraiment prêts pour nous lancer dans le grand bain, surtout que c’était notre premier devoir commun de dessin et de calligraphie ! Voilà donc de quoi nous devions traiter :

Titivillus.


Mais qu’est-ce donc, ou plutôt, qui est donc ce Titivillus ?

C’est une petit démon qui hante les monastère et se réjouit en volant des lettres, des syllabes, et parfois, des mots aux moines copistes, les poussant à faire des fautes.


Les consignes étaient les suivantes :

Calligraphier le texte que les professeurs nous avaient donné – sans faire de fautes – et l’illustrer, le tout en respectant les codes du style roman.


Le texte

Jacques de Vitry (1160/1170 – 1240)

Sermones Vulgares

Audivit quod quidam sanctus homo, dum esset in choro, vidit diabolum quasi pleno sacco valde oneratum. Dum autem adjuraret dyabolum ut diceret ei quid portaret, ait : « Hec sunt sillabe et dictiones syncopate et versus psalmodie que isti clerici in hiis matutinis furati sunt Deo. Hec utique ad corum accusationem diligenter reservo ». Excubate igitur diligenter in mysterio altaris, ne super populorum oriatur indignatio.

Traduction

Sermons populaires

J’ai entendu dire qu’un saint homme, pendant qu’il était dans le choeur, vit un diable pour ainsi dire lourdement chargé d’un sac plein. Or, alors qu’il adjurait le diable de lui dire ce qu’il portait, il répondit : « Ce sont les syllabes, les paroles syncopées et les versets de psalmodie que ces maudits clercs ont dérobés à Dieu pendant ces matines. En tout cas, je les réserve scrupuleusement pour leur accusation. » Soyez donc scrupuleusement vigilants quand il s’agit du mystère de l’autel, pour que l’indignation ne se lève pas sur le peuple.


Dans un autre article, je détaille les différentes étapes qui ont conduit à la finalisation de la calligraphie, mais voilà ce à quoi le résultat final ressemble.

Calligraphie sur le thème de Titivillus de style gothique primitive.

Avec un thème et des consignes précises concernant l’époque, et donc le style à utiliser, les idées devraient commencer à germer.

La semaine prochaine, je partagerai la suite du processus de création de façon concrète avec mes croquis, alors, restez attentifs !

Merci beaucoup et à bientôt !


Si cet article vous a plu ou déplu, si vous avez des question ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Étapes de création : du thème à la peinture


Introduction


Quel que soit le style d’enluminure choisie, qu’il soit historique ou plus contemporain, respecter certaines règles est essentiel pour mener son projet à bien.

Mais comment faire ?

Enluminure sur le thème Ut Queant Laxis

À l’ISEEM, j’ai appris à faire de la copie d’enluminure existantes. Ça m’a permis de travailler la technique. Mais la première fois que mes professeurs m’ont dit que je devrais faire une création, je me suis sentie perdue.

Par où commencer ? Où trouver les idées ?

Mais heureusement, mes professeurs étaient là pour me guider dans le processus et m’ont accompagné à chaque étape. Les voici :

Tout commence par le thème.

Dans le cas d’une commande, il est choisi par le commanditaire : une reproduction – mais il n’en est pas question ici – , un prénom, un portrait, la scène d’un film, le tout dans un style définit.

Il faut aussi décider s’il y aura de la calligraphie, et dans quelle proportion.

Ensuite, viennent les recherches.

Le but est de définir ce que le commanditaire attend. S’il s’y connaît en enluminure, il aura certainement une idée bien précise. Mais si ça n’est pas le cas, c’est à l’enlumineur de lui proposer des idées, de lui exposer ce qui peut être fait en fonction des styles.

Puis, vient l’inspiration.

C’est là que les manuscrits de référence sont utiles. Les bibliothèques sont alors vos meilleurs amies pour les consulter. La liste est longue, mais pour en citer au moins une, il y a la BnF.

Et avec l’inspiration viennent les croquis.

À cette étape, l’idée se précise, les formes se dessinent. Montrer les croquis au commanditaire peut être une bonne idée pour savoir si on reste sur la bonne voie.

Ensuite, une fois que les croquis sont validés, on passe à la palette de couleurs.

Chaque période possède la sienne en fonction de l’apparition et de l’utilisation de certains pigments. A priori, on sait donc quoi utiliser. Mais leur association peut prendre du temps en fonction de l’effet qu’on veut rendre. Cette couleur va-t-elle mieux avec celle-ci ou celle-là ?

La réponse à cette question vient en fonction de l’expérience de l’enlumineur, mais aussi des désirs du commanditaire.

Une fois qu’on a les croquis et la palette, il ne reste donc plus qu’à s’y mettre !

On commence par la calligraphie, puis on reporte le dessin qu’on fixe avec de l’encre. Ensuite, viennent les pigments !


Voici donc les différentes étapes du processus de réalisation d’une enluminure. Je pense qu’elles peuvent être transposée à n’importe quel genre de création artistique.

Pour mieux illustrer mes propos, je posterai dans les semaines à venir des exemples concrets basés sur mes propres travaux. Donc, restez attentifs !

Si l’article vous a plu, ou déplu, si vous avez des questions ou des réflexions, n’hésitez pas à laisser un commentaire ! N’hésitez pas non plus à partager !

Merci beaucoup, et à très bientôt !